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Selon les chiffres historiques de l’ONSR (Observatoire National de la Sécurité Routière), en 1972, ce sont 18 034 personnes qui ont perdu la vie des suites d’un accident de la route en France. Aujourd’hui, on dénombre environ 3 200 décès par an. De nombreux facteurs ont contribué à réduire drastiquement l’accidentologie et à diminuer la mortalité sur les routes. L’évolution fulgurante des éléments de sécurité active et passive en fait indéniablement partie.

Si certains de ces dispositifs sont obligatoires depuis des décennies, d’autres, hautement technologiques, viennent tout juste de s’imposer sur le marché. Néanmoins, ils concourent tous à un seul et même objectif : éviter l’accident ou en minimiser les conséquences physiques et matérielles lorsque celui-ci survient.

Qu’est-ce que la sécurité active et passive ?

L’industrie automobile et la sécurité routière classent les équipements de protection en deux grandes catégories distinctes mais totalement complémentaires : la sécurité active et la sécurité passive. Comprendre leur différence réside dans la chronologie de l’accident : la première intervient avant le choc, la seconde pendant le choc.

La sécurité active : prévenir et éviter l'accident

La sécurité active (souvent qualifiée de sécurité primaire) désigne l’ensemble des éléments, équipements et aides à la conduite servant à prévenir et à éviter les accidents. Son but est d’aider le conducteur à garder la maîtrise totale de son véhicule dans une situation d’urgence. Toutefois, il est fondamental de rappeler que même un véhicule doté des meilleures technologies ne pourra pas empêcher l’accident en cas de comportement inadapté (vitesse excessive ou alcoolémie par exemple).

Aujourd’hui, on regroupe la majorité de ces technologies sous l’acronyme ADAS (Advanced Driver Assistance Systems).

Les équipements mécaniques fondamentaux

Avant l’électronique, la sécurité active repose sur des bases mécaniques que le conducteur se doit d’entretenir régulièrement :

  • Les pneumatiques : Avoir des pneus en bon état est vital. Ce sont les seuls éléments du véhicule qui sont en contact avec la route. Ils assurent l’adhérence, la motricité et la tenue de route.

  • Le système de freinage : Il permet de ralentir ou de stopper un véhicule sur la distance la plus courte possible.

  • L’éclairage : La visibilité est une composante indispensable pour anticiper le danger. Pour le conducteur, il s’agit de bien voir son environnement mais aussi d’être vu par les autres usagers par tous les temps.

Les assistances électroniques au freinage et à la trajectoire

Depuis les années 2000, l’informatique a révolutionné la sécurité active en corrigeant les erreurs humaines grâce à des capteurs ultra-réactifs :

  • L’ABS (Anti-blocage System) : Il empêche le blocage des roues lors d’un freinage très appuyé, permettant au conducteur de conserver le pouvoir directionnel pour contourner un obstacle.

  • L’ESP (Contrôle électronique de trajectoire) : Ce système anti-dérapage freine une ou plusieurs roues de manière indépendante pour remettre le véhicule dans le droit chemin s’il détecte une perte d’adhérence en virage.

  • L’AFU (Assistance au Freinage d’Urgence) : Il amplifie instantanément la pression de freinage s’il détecte que le conducteur appuie vite mais pas assez fort sur la pédale de frein.

Les ADAS : l’anticipation par l’intelligence artificielle

Les véhicules modernes scannent littéralement la route pour anticiper le danger à la place du conducteur :

  • Le freinage automatique d’urgence (AEB) : Des radars détectent un obstacle (voiture, piéton, cycliste) et déclenchent les freins si le conducteur ne réagit pas à temps.

  • L’avertisseur d’angle mort : Un dispositif lumineux placé dans les rétroviseurs permet de détecter et de prévenir le conducteur lorsqu’un autre usager se trouve dans une zone non visible.

  • L’aide au maintien dans la voie : Une caméra lit les lignes blanches et corrige doucement la trajectoire du volant si le véhicule s’écarte de sa voie sans clignotant.

  • Le régulateur de vitesse adaptatif : Il maintient non seulement la vitesse mais freine et accélère de manière autonome pour conserver une distance de sécurité optimale avec le véhicule précédent.

Les systèmes de sécurité passive : limiter la gravité du choc

La sécurité passive, aussi appelée sécurité secondaire, concerne tous les éléments aidant à minimiser la gravité d’un accident lorsque la sécurité active n’a pas suffi et que le choc est inévitable. Ces éléments interviennent en une fraction de seconde de façon à absorber l’énergie cinétique et à protéger au mieux l’intégrité physique des occupants d’un véhicule.

La protection à l’intérieur de l’habitacle

Une fois la collision amorcée, le corps humain subit une décélération extrême. La sécurité passive entre alors en jeu :

  • La ceinture de sécurité : Rendue obligatoire en France dès 1973 à l’avant, le port de la ceinture de sécurité est aujourd’hui strictement imposé à l’ensemble des occupants. En cas de choc, son rôle est d’éviter l’éjection hors du véhicule et d’empêcher les occupants de heurter violemment l’habitacle. Lors d’un accident, le port de la ceinture permet de réduire d’environ 50 % la mortalité.

  • Les airbags : Ces dispositifs pyrotechniques se déclenchent en quelques millisecondes lorsqu’une collision violente se produit. Il existe aujourd’hui une multitude d’airbags pour équiper un habitacle : frontaux, latéraux, rideaux (pour la tête), protège-genoux, et même des airbags centraux (pour éviter que les passagers avant ne se percutent entre eux).

  • Les appuie-têtes : Souvent mal réglés, ils sont pourtant capitaux pour empêcher le « coup du lapin » (entorse cervicale grave) lors d’un choc par l’arrière.

La carrosserie à déformation programmée : l’absorption des chocs

La structure du véhicule a été scientifiquement conçue pour réduire l’impact des chocs. Contrairement aux voitures anciennes qui étaient très rigides, les voitures modernes sont dotées de zones de déformation programmée. Lors d’une collision, les pare-chocs, le châssis et le capot ont pour rôle de se plier comme un accordéon pour absorber l’énergie de l’impact.

On peut s’en apercevoir lors d’un crash-test Euro NCAP : l’avant du véhicule est complètement détruit, ce qui est tout à fait normal, afin que la cellule de survie (l’habitacle) reste parfaitement indéformable pour assurer la survie du conducteur.

La sécurité tertiaire : protéger après l'accident

Outre la sécurité active et passive, une troisième catégorie de système participe également à la sécurité routière après que l’accident s’est produit : la sécurité tertiaire (ou de post-crash).

Les équipements de post-collision et de signalisation

  • Le système eCall : Obligatoire sur les nouveaux modèles depuis 2018, ce système d’appel d’urgence automatique contacte les services de secours (le 112) dès que les airbags se déclenchent. Ce système facilite l’intervention des secours en transmettant la géolocalisation exacte du véhicule même si les occupants sont inconscients.

  • Le kit de sécurité : Le gilet de haute visibilité (gilet jaune) et le triangle de pré-signalisation ont pour fonction d’assurer la sécurité du conducteur en signalant aux autres usagers que son véhicule est accidenté ou en panne sur les voies.

Réglementation européenne GSR2 : les équipements devenus obligatoires

La sécurité active a récemment connu un tournant législatif majeur. Le Parlement européen a adopté une nouvelle réglementation (GSR2) pour imposer les meilleures technologies sur le marché. Depuis le 7 juillet 2024, une trentaine de nouveaux équipements de sécurité active et passive sont devenus strictement obligatoires sur tous les véhicules neufs vendus en concession.

Parmi les équipements phares de cette nouvelle norme, on retrouve :

  • L’AIV (Adaptation Intelligente de la Vitesse) : Le véhicule lit les panneaux et alerte le conducteur (par un signal sonore ou une vibration) s’il dépasse la limitation de vitesse autorisée.

  • L’enregistreur de données d’événement (Boîte noire) : Enregistre les paramètres du véhicule (vitesse, freinage, inclinaison) dans les secondes précédant et suivant un choc, à des fins d’analyse (et non de surveillance continue).

  • Le freinage d’urgence autonome avec détection des piétons et des cyclistes.

  • Le détecteur de somnolence et de distraction : Analyse les mouvements des yeux ou les micro-corrections au volant pour suggérer une pause.

  • Les radars de recul ou la caméra arrière : Pour protéger les usagers vulnérables situés dans l’angle mort arrière lors des manœuvres.

Ces obligations réglementaires prouvent que l’avenir de l’automobile passe inévitablement par une sécurité active toujours plus prédictive, visant à pallier l’erreur humaine avant même que l’accident ne se produise.

Si la sécurité active permet d’éviter les collisions et que la sécurité passive protège les occupants lors d’un choc, le conducteur demeure l’unique responsable de son comportement au volant. Ainsi, en cas d’infraction au Code de la route engendrant un retrait, l’inscription à un stage de récupération de points constitue la démarche la plus efficace pour sauver son permis de conduire.

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