Pour se conformer à la réglementation européenne, les conditions d’accès aux deux-roues motorisés ont régulièrement évolué ces dernières années. Depuis son application au 1er mars 2020, la réforme du permis moto a durablement modifié les examens des catégories A1 et A2 en instaurant notamment un code spécifique pour les motards. Des modifications majeures ont également transformé les deux examens pratiques : l’épreuve du plateau et l’épreuve en circulation.
Quels sont les permis concernés par la réforme du permis moto ?
La nouvelle réglementation cible principalement l’obtention des permis A1 et A2. Pour rappel, le permis A1 autorise la conduite de motos légères dès l’âge de 16 ans. Quant au permis A2, il permet de conduire un deux-roues d’une puissance n’excédant pas 35 kW à partir de 18 ans. Pour valider ces catégories, le candidat doit réussir l’épreuve théorique puis l’épreuve pratique (composée du hors circulation et de la circulation).
En revanche, le permis AM (ancien BSR) et le permis A ne sont pas affectés par cette réglementation. Toutefois, le permis A2 constitue désormais le point de passage obligatoire pour tous. Les conditions d’obtention de la catégorie reine restent inchangées : le motard souhaitant piloter une moto d’une puissance supérieure à 35 kW doit être titulaire du permis A2 depuis au moins 2 ans, puis valider une formation complémentaire de 7 heures dans une moto-école agréée.
Les nouveautés de la réforme du permis moto en détail
L’ETM : première étape de la réforme du permis moto
L’une des plus grandes nouveautés est la suppression de l’Épreuve Théorique Générale (le code auto classique) au profit de l’ETM (Épreuve Théorique Moto). Ce code moto spécifique est composé d’un QCM de 40 questions où seules 5 fautes sont tolérées. Les interrogations portent sur des situations propres à la conduite d’un deux-roues : trajectoires de sécurité, mécanique, ou encore réglementation spécifique.
Ce nouvel examen théorique remplace définitivement l’ancienne interrogation orale. Les fameuses 12 fiches moto à apprendre par cœur, ainsi que les vérifications techniques lors du plateau, ont ainsi totalement disparu. Comme le précise le site officiel de la Sécurité Routière, la réussite à l’ETM est valable pendant 5 ans, dans la limite de 5 passages à l’examen pratique. L’inscription coûte 30 € auprès des centres d’examen agréés (La Poste, SGS, Dekra, etc.).
Une épreuve hors circulation (plateau) en continu
Si la nature des exercices à basse et vive allure reste inchangée pour démontrer sa maîtrise de la machine, le format de l’épreuve hors circulation a été modernisé. Le changement principal réside dans le fait que le parcours s’effectue désormais en une seule fois, sans coupure.
Cette épreuve raccourcie dure environ 10 minutes. Le candidat doit enchaîner sans interruption le déplacement sans l’aide du moteur, le parcours à allure réduite, le freinage d’urgence et la manœuvre d’évitement. Pour la valider, le candidat est autorisé à poser trois fois le pied à terre sans être éliminé. Cependant, la chute, l’erreur de tracé ou le dépassement des lignes de démarcation au sol restent des fautes éliminatoires.
Une épreuve en circulation rallongée et plus stricte
Après la validation du plateau, l’ultime étape est l’épreuve en circulation. Elle permet à l’inspecteur de vérifier la capacité du candidat à rouler en conditions réelles sans mettre en danger les autres usagers. Avec la réforme, cette épreuve a été rallongée, passant de 30 à 40 minutes.
Le barème de notation est également devenu plus exigeant : le candidat doit obtenir un minimum de 21 points sur 27 (contre 17 auparavant). L’inspecteur évalue désormais rigoureusement l’application de la trajectoire de sécurité dans les virages, une technique vitale pour réduire la mortalité des motards.
Lors de cet examen, le port d’un équipement de protection obligatoire est strictement contrôlé par l’inspecteur : un casque homologué doté de dispositifs réfléchissants, des gants certifiés CE, un blouson ou une veste à manches longues, ainsi que des chaussures montantes ou des bottes. Bien qu’il ne soit pas encore obligatoire pour l’examen, le port d’un gilet airbag moto est fortement recommandé pour limiter les blessures graves.
Une fois le précieux sésame en poche, le nouveau motard débute avec un permis probatoire. En cas d’infraction au Code de la route, la récupération du capital passe alors par l’inscription volontaire ou obligatoire à un stage de récupération de points.





