Les pneumatiques jouent un rôle essentiel en matière de sécurité routière. Avec les amortisseurs et le système de freinage, les pneus constituent le « triangle de sécurité » de votre voiture. Ce sont les seuls points de contact entre le véhicule et la route. C’est pourquoi, pour circuler en toute sécurité, il est impératif de contrôler l’usure et la pression des pneumatiques de façon régulière.
En moyenne, la durée de vie d’un pneu est comprise entre 5 et 10 ans, mais cette longévité peut être réduite suite à un incident de la route ou en cas de crevaison. On distingue principalement deux types de pertes de pression : la crevaison rapide (ou éclatement) et la crevaison lente. Lorsqu’un pneu est endommagé, son remplacement n’est pas toujours obligatoire : il est parfois possible de le réparer.
Crevaison lente : définition et causes principales
Contrairement à une crevaison rapide où le pneu se dégonfle immédiatement dans un bruit sourd, la crevaison lente se caractérise par une perte d’air très progressive. Elle est insidieuse et bien plus difficile à repérer à l’œil nu.
Qu’est-ce qui provoque cette perte de pression ?
Le plus souvent, c’est le contact entre un corps étranger (objet tranchant ou pointu) et la gomme qui engendre la perforation. Cependant, le pneu n’est pas toujours le seul coupable. Une crevaison lente peut avoir plusieurs origines :
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Un corps étranger : Un clou, une vis ou un éclat de verre incrusté dans la bande de roulement. L’objet agit parfois comme un bouchon, ce qui ralentit la fuite d’air.
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Une valve défectueuse : L’obus de la valve ou le joint d’étanchéité s’use avec le temps, la force centrifuge ou le sel sur les routes, laissant échapper un filet d’air.
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Une jante poreuse ou déformée : Un choc brutal contre un trottoir peut légèrement tordre la jante en aluminium ou en tôle, rompant l’étanchéité parfaite entre la jante et le talon du pneu.
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Le vieillissement de la gomme : Des micro-fissures apparaissent sur les pneus très anciens, rendant la structure poreuse.
Comment détecter une fuite d’air due à une crevaison lente ?
Dans le cas d’une crevaison lente, l’endroit exact où le pneu a été perforé n’est pas toujours visible. Heureusement, la technologie vient en aide aux conducteurs. Depuis 2014, la réglementation européenne impose que tous les véhicules neufs soient équipés d’un système TPMS (Tire Pressure Monitoring System). Ce système de surveillance électronique vous alerte via un voyant sur le tableau de bord en cas d’anomalie.
Naturellement un pneu perd en moyenne environ 0,1 bar par mois. Si vous constatez une baisse de pression plus importante ou asymétrique (un seul pneu se dégonfle), il s’agit très probablement d’une crevaison lente. Si vous ne possédez pas de TPMS, une astuce de mécanicien consiste à vaporiser de l’eau savonneuse sur la bande de roulement et la valve. Si de petites bulles se forment, la fuite d’air est confirmée.
Que faire sur la route en cas de crevaison lente ?
En conduisant avec un pneu qui se dégonfle, le conducteur va ressentir des vibrations anormales dans le volant, une direction plus lourde et une perte de maniabilité. Le véhicule aura tendance à « tirer » du côté de la roue crevée.
Les premiers réflexes de sécurité
Pour des raisons de sécurité routière, le premier réflexe est d’immobiliser le véhicule dans un espace sécurisé, tel qu’un parking ou une aire de repos. Sur l’autoroute, il est fondamental de rappeler que la bande d’arrêt d’urgence est un endroit extrêmement dangereux qui ne doit être utilisé qu’en cas de nécessité absolue. Continuer à rouler avec un pneu crevé ou fortement sous-gonflé provoque l’échauffement puis la dislocation de sa structure métallique interne. Le pneu devient alors totalement irréparable, avec le risque supplémentaire de déformer la jante de manière irréversible.
Pour en savoir plus sur les bons réflexes d’entretien, vous pouvez consulter les recommandations du site officiel de la Sécurité Routière.
Mettre la roue de secours ou la galette
Si votre voiture en est équipée, changer la roue reste la méthode la plus sûre :
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Placez le cric sous les points de levage du véhicule.
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Dévissez légèrement les écrous avant de lever la voiture.
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Soulevez, retirez le pneu endommagé et installez la roue de secours.
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Resserrez fermement les écrous en croix.
Notez que la roue de secours temporaire, communément appelée « galette », n’est qu’une solution de dépannage. Elle vous permettra de rouler jusqu’au garage le plus proche, mais impose une vitesse limitée à 80 km/h pour des raisons d’adhérence.
Utiliser une bombe anti-crevaison
Tout le monde n’a pas l’aisance mécanique pour changer une roue. Il est alors possible d’utiliser une bombe anti-crevaison pour traiter temporairement une crevaison lente. Il s’agit d’un spray aérosol qui injecte une mousse expansive à l’intérieur de la roue pour colmater la fuite. Toutefois, son usage est très limité :
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L’entaille ne doit pas excéder 3 millimètres.
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Le trou doit se situer sur la bande de roulement. Si le flanc du pneu est déchiré, la mousse sera totalement inefficace.
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Attention : Certains garagistes refusent de réparer un pneu ayant contenu cette mousse car elle rend le nettoyage intérieur extrêmement difficile.
Crevaison lente : les méthodes de réparation en garage
Un pneumatique endommagé peut souvent être sauvé, à condition de respecter des normes de sécurité strictes. Pour être réparable, sa structure interne ne doit pas avoir roulé à plat, le flanc doit être intact, et le trou doit mesurer moins de 6 millimètres. Lorsqu’un pneu subit un choc violent contre un trottoir ou qu’il présente une déformation (comme une hernie), il devient dangereux et doit être remplacé. Réparer une crevaison lente coûte généralement entre 25 € et 40 €, ce qui est bien plus économique que le remplacement du train de pneus complet.
La réparation par l’intérieur (le champignon)
C’est la méthode la plus fiable, préconisée par l’ensemble des manufacturiers automobiles. Elle doit être réalisée par un professionnel car elle nécessite de démonter le pneu de la jante. Le garagiste va nettoyer la zone perforée de l’intérieur, puis utiliser une PRP (Pièce de Réparation pour Pneumatiques), aussi appelée « champignon ». Cette rustine spécifique est insérée de l’intérieur vers l’extérieur. La tige colmate le trou tandis que la base vulcanise l’intérieur du pneu, garantissant une étanchéité absolue et une sécurité optimale.
La réparation par l’extérieur (la mèche)
La seconde technique consiste à utiliser un kit à mèches. Très bon marché (une quinzaine d’euros en centre auto), cette méthode permet de réparer le pneu sans le démonter. Elle consiste à élargir le trou, puis à y insérer en force une mèche en caoutchouc enduite de colle de vulcanisation. Bien que pratique pour se dépanner seul, cette méthode est considérée comme sommaire. Elle n’est guère recommandée par les fabricants sur le long terme, car elle ne permet pas de vérifier l’état de la structure interne du pneumatique après la crevaison.
Crevaison et sécurité routière : les risques
Négliger une crevaison lente ou rouler avec des pneus sous-gonflés n’est pas seulement dangereux pour votre tenue de route (augmentation des distances de freinage, risque accru d’aquaplaning et d’éclatement). C’est également sanctionné par le Code de la route.
En cas de contrôle par les forces de l’ordre, si vos pneumatiques présentent une usure anormale (souvent due à un sous-gonflage chronique) ou des déchirures dangereuses, vous vous exposez à une contravention de 4ème classe. L’amende forfaitaire s’élève à 135 € et le véhicule peut être immédiatement immobilisé. Bien qu’il n’y ait pas de retrait de points pour des pneus lisses, un éclatement dû à une négligence d’entretien peut provoquer un accident grave, entraînant alors de lourdes sanctions pénales et administratives. Vérifier la pression de ses pneus reste un geste fondamental d’éco-conduite et de sécurité routière.





