Rêve de l’homme, fruit de la science-fiction depuis des décennies (déjà présent dans Retour vers le futur) ou simple évolution technologique, la voiture volante s’apprête à effectuer ses premiers vols commerciaux réguliers. Du moins, en théorie, car en pratique, son véritable essor risque d’être plus compliqué que cela. L’obstacle majeur réside dans la législation en vigueur et la complexité du pilotage, et ce, même si la technologie actuelle permet déjà de faire décoller ces engins.

Redéfinir l’espace aérien pour la voiture volante

De nombreuses problématiques se posent quant à la circulation des voitures volantes dans le ciel, notamment leur rapport avec les autres aéronefs (avions, hélicoptères, drones).

Vers une nouvelle législation ?

Aujourd’hui, la loi évolue lentement pour régir la voiture du futur. De ce fait, les personnes désirant piloter un modèle hybride doivent se soumettre aux règles strictes de l’aviation traditionnelle. À savoir : un décollage obligatoire depuis un aérodrome et, surtout, la possession d’un brevet de pilote attestant de la maîtrise du véhicule. Des contraintes rédhibitoires qui ont poussé les constructeurs à revoir leur stratégie.

Ces derniers souhaitent désormais privilégier les taxis volants (souvent électriques, appelés eVTOL), qui possèdent deux avantages majeurs :

  • Ils effectuent des décollages et atterrissages verticaux, à l’instar des drones, permettant d’éviter le passage par un aérodrome classique.

  • À terme, ces appareils seront autonomes, ce qui supprimera la nécessité d’une formation et d’une licence pour les passagers.

Malgré ces atouts, les autorités publiques (comme l’EASA en Europe) commencent tout juste à légiférer sur ces nouveaux usages.

Des règles à mettre en place

Avant une commercialisation grand public, un véritable code de la route aérien doit être défini pour que les usagers partagent l’espace en toute sécurité. Quels engins seront prioritaires ? Quelle sera la vitesse maximale des voitures volantes en milieu urbain ? Faudra-t-il imposer des itinéraires obligatoires (des « couloirs aériens ») ou confier la navigation aux intelligences artificielles, sur le modèle de la voiture autonome, pour éviter les embouteillages en l’air ?

Autant de problématiques qui exigeront du temps, d’autant que le survol des villes demeure aujourd’hui strictement interdit pour l’aviation légère.

Où en est la voiture volante aujourd'hui ?

Depuis quelques années, de nombreux prototypes ont été annoncés en grande pompe. Si beaucoup espéraient voir la première voiture volante de série envahir le marché au début de la décennie, la réalité industrielle a été plus cruelle.

La PAL-V Liberty : le modèle hybride par excellence

La société néerlandaise PAL-V reste l’un des projets les plus avancés en matière de « vraie » voiture capable de voler. Pour réussir cette prouesse, la firme s’est conformée aux lois existantes. Le propriétaire doit posséder un brevet de pilote et se rendre sur un aérodrome pour décoller. Malgré son prix prohibitif (dépassant les 500 000 €), le véhicule a enregistré de nombreuses précommandes.

La PAL-V Liberty a pour avantage d’être un véhicule polyvalent. Elle peut voler jusqu’à 320 km/h, mais également circuler sur des routes traditionnelles. Cette voiture passe du mode « avion » au mode « voiture » en 10 minutes (l’hélice se rétractant sur le toit).

Taxi volant et eVTOL : un marché impitoyable

Le marché a récemment subi une véritable sélection naturelle, voyant des start-up historiques fermer leurs portes faute de financement. Aujourd’hui, l’industrie se tourne massivement vers les aéronefs à décollage vertical (eVTOL).

Ce secteur s’est structuré autour de géants technologiques :

  • Joby Aviation, qui a racheté la division volante d’Uber, prépare des flottes de taxis volants pour des villes comme Dubaï.

  • Volocopter (Allemagne) et EHang (Chine) déploient déjà des aéronefs de test dans des zones urbaines denses.

  • Airbus, avec son programme CityAirbus NextGen, ou encore Boeing, s’allient avec les constructeurs automobiles (comme Porsche ou Toyota) pour conquérir ce marché premium.

Si la voiture volante individuelle de science-fiction n’est pas près d’atterrir dans notre jardin à cause des verrous législatifs, les premiers taxis volants autonomes sont déjà une réalité dans certaines métropoles pionnières.

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