Téléphone portable et piéton : habitude dangereuse - ActiROUTE

Téléphone portable et piéton : habitude dangereuse

D’après le baromètre numérique de 2017 réalisé par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), 3 français sur 4 possède un smartphone. Notre téléphone portable est devenu un outil indispensable dans notre vie quotidienne, à tel point que certains utilisateurs ne peuvent plus s’en passer. Si l’on connait plutôt bien les risques liés à l’utilisation du téléphone au volant, il faut savoir que même à pied, l’usage du portable peut être dangereux. Ce phénomène appelé « smombie » inquiète de plus en plus les gouvernements à travers le monde.

Smombie
Le « smombie » est un phénomène dangereux de plus en plus répandu.

D’après le baromètre numérique de 2017 réalisé par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), 3 français sur 4 possède un smartphone. Notre téléphone portable est devenu un outil indispensable dans notre vie quotidienne, à tel point que certains utilisateurs ne peuvent plus s’en passer. Si l’on connait plutôt bien les risques liés à l’utilisation du téléphone au volant, il faut savoir que même à pied, l’usage du portable peut être dangereux. Ce phénomène appelé « smombie » inquiète de plus en plus les gouvernements à travers le monde.

Tout savoir sur le « smombie »

Qu’est-ce le « smombie » ?

« Smombie » est un mot-valise formé à partir de la contraction des mots « smartphone » et « zombie ». Il désigne les piétons qui sont tellement absorbés par leur téléphone qu’ils négligent tous ce qu’il se passe autour d’eux. Ce comportement est particulièrement dangereux car avec les yeux rivés sur l’écran du téléphone, les écouteurs dans les oreilles certains oublient de vérifier s’il n’y a pas de véhicules avant de traverser la route. Ces « smombies » accaparés par leur téléphone écrivent un SMS, consultent les réseaux sociaux, écoutent de la musique ou encore regardent leur un épisode de leur série préférée. Ils ne prêtent alors plus aucune attention à la circulation. Comme isolés dans une bulle numérique ces zombies du téléphone n’ont pas conscience des dangers liés au manque d’inattention.

Un comportement dangereux et inquiétant

Selon un sondage de Yougov pour Ford, près de 65 % des piétons consultent leur smartphone en marchant, sur le trottoir ou en traversant les rues. Ce chiffre est en augmentation par rapport à une étude similaire menée en 2015 où ils n’étaient « que » 50 % à utiliser leur smartphone. Ce phénomène est encore plus répandu chez les jeunes. Les 18-24 ans et les 25-34 ans sont 91% à reconnaître utiliser leur mobile en marchant. La moitié des piétons traversent la route en étant en conversation téléphonique, en écoutant de la musique ou en envoyant des messages. 20 % des piétons avouent avoir évité de justesse un poteau et 20 % une collision avec un deux-roues ou un autre véhicule. Ce comportement est en partie responsable de la hausse inquiétante de la mortalité piétonne.

Près d’un quart des adeptes de la marche pendue au téléphone déclaraient avoir déjà heurté un piéton, 17 % du mobilier urbain (banc, abri bus…), 16% un poteau. Plus grave, 14% des personnes interrogées déclaraient avoir frôlé l’accident et 8% déclaraient s’être déjà faits renverser par un véhicule.

Les mesures prises contre le phénomène de « smombie »

Le « smombie » est un phénomène qui inquiète les pouvoirs publics au niveau mondial. Pour lutter contre l’insécurité routière et tenter d’enrayer ce phénomène, aux quatre coins du monde des mesures ont été prises soit pour prévenir les accidents dus aux « smombies », soit pour sanctionner ce comportement.

Les mesures préventives

Plusieurs villes comme Tel-Aviv en Israël, Séoul en Corée du Sud ou encore Bodegraven aux Pays-Bas ont décidé d’équiper le sol de certains carrefours avec des bandes lumineuses à LED. Ces bandes fonctionnent de la même façon que des feux de signalisation. Elles signalent aux « smombies » qu’ils sont sur le point de traverser la chaussée.

En Corée du Sud, pays dans lequel 1600 piétons ont trouvé la mort en 2017, en mars 2019, un passage piéton high-tech a été développé. Un capteur radar et une caméra thermique peuvent ainsi détecter la présence d’un véhicule et d’un piéton. Si un piéton distrait s’apprête à traverser, un message est projeté au sol : « Attendez. Une voiture arrive ». Il peut également recevoir une notification directement sur son smartphone via une application.

En Chine, pour éviter les collisions les utilisateurs de smartphone ont des voies piétonnes réservées. En 2015, la ville d'Anvers, en Belgique, avait aussi expérimenté ce type de voie mais elle n’a pas rencontré le succès escompté puisque que les piétons obnubilés par leur téléphone n’avaient même pas remarqué qu’un tel aménagement existait.

En France, la ville de Mandelieu-la-Napoule va tester pendant 2 ans les passages-piétons lumineux. En 2017 la police nationale de Tours a lancé une vidéo de prévention qui s’adresse aux jeunes piétons et cyclistes qui utilisent leur portable en ville. La vidéo choc s’intitule : « Soit prudent, lâche ton écran ! ».

La voie répressive

Au lieu de mesures de prévention routière, d’autres ont fait le choix de sévir. À Sassari, en Sardaigne depuis octobre 2018, si vous traversez la rue les yeux rivés sur votre smartphone, il vous en coûtera 22 €. Aux États-Unis, en octobre 2017 le maire d’Honolulu a décidé que traverser la rue tout regardant son téléphone constituerait une infraction. Le contrevenant s’expose à une amende de 15 $. Ce montant peut attendre 500 $ en cas de récidive, s’il commet 3 fois la même infraction.