Pourquoi la voiture volante n'est pas encore au coin de la rue ? - ActiROUTE

Pourquoi la voiture volante n'est pas encore au coin de la rue ?

Rêve de l'homme, fruit de la science-fiction depuis des décennies (déjà présent dans Retour vers le futur) ou simplement évolution technologique, la voiture volante s'apprête à effectuer ses premiers vols dans les prochaines années. Du moins, en théorie car en pratique, son envol risque d'être plus compliqué que cela, notamment en raison de la législation en vigueur et de la complexité du pilotage, et ce, même si la technologie actuelle permettrait de décoller des voitures volantes.

Voiture volante
La Pal-V Liberty a été présentée lors du Salon Automobile de Bruxelles 2020.

Redéfinir l'espace aérien

De nombreuses problématiques se posent quant à la circulation des voitures volantes dans le ciel, notamment son rapport avec les autres aéronefs (avion / hélicoptère/ drone / autre appareil volant.).

Vers une nouvelle législation ?

Aujourd'hui, il n'existe aucune loi spécifique régissant la voiture du futur. De ce fait, les personnes désirant la conduire devront se soumettre aux mêmes règles de l'aviation traditionnelle. À savoir, entre autres, un décollage obligatoire dans un aérodrome et surtout, la possession d'un brevet de pilote qui attesterait la maîtrise du véhicule volant. Des contraintes qui pourraient être rédhibitoires mais qui ont bien été comprises par les constructeurs automobiles.

Ces derniers souhaitent, dans un premier temps, commercialiser des taxis volants, qui posséderaient deux avantages :

  • Ils pourraient effectuer le décollage et l'atterrissage de manière verticale, à l'instar des drones, ce qui permettrait d'éviter le passage à l'aérodrome
  • Les appareils volants seraient autonomes, donc sans conducteur, donc il n'y aurait plus besoin de formation et de licence pour les piloter

Malgré ces atouts, les autorités publiques devront légiférer sur le sujet.

Des règles à mettre en place

Avant toute commercialisation, que cela soit de taxis ou de véhicules tout public, un code aérien devra être défini afin que les usagers dans les cieux puissent se partager au mieux l'espace aérien. Effectivement, quels engins seront prioritaires ? Les avions ? Les hélicoptères ? Les voitures autonomes ? De même, quelle sera la vitesse maximale des voitures volantes ? Faudrait-il déterminer des itinéraires aériens que devront prendre nécessairement les engins volants ou leurs laisser le libre arbitre en matière de trajets, tant que des distances de sécurité sont respectées et qu'il n'y pas d'embouteillages ? Où est-ce que nous pourrions atterrir ? Quid d'une éventuelle homologation ?

Autant de réponses à apporter, qui demanderont du temps, notamment si la voiture volante peut circuler au-dessus des villes, ce qui n'est pas le cas d'un petit avion actuellement (et qui est le souhait des constructeurs de taxis).

Où en est la voiture volante ?

Depuis quelques temps, de nombreux prototypes ont été annoncés, que ce soit dans la presse ou dans des événements internationaux. Certains d'entre eux ont même réalisé leurs premiers vols et une grande majorité estime que les premières voitures volantes verront le jour entre 2022 et 2025. La société PAL-V envisage même de sortir son modèle de voiture dès l'année prochaine.

Une première voiture volante en 2021 ?

Pour réussir cette prouesse, la société néerlandaise s'est conformée aux lois en vigueur actuelle, c'est-à-dire que pour conduire son véhicule aérien, un conducteur devra être en possession, comme cela a été évoqué précédemment, d'un brevet de pilote, d'une combinaison et de plusieurs heures d'apprentissage. Il devra également se rendre à un aérodrome pour décoller. Des difficultés certaines, qui s'ajoutent à un prix élevé (540 000€ !) mais qui n'a pas empêché une soixante-dizaine de pré-commandes.

La Pal-V Liberty a aussi pour avantage d'être un véhicule polyvalent. Elle peut, bien entendu, voler jusqu'à 320 km/h mais également circuler sur des routes traditionnelles jusqu'à 160 km/h. Cette voiture essence passe du mode "avion" en mode "voiture" en 10 minutes (l'hélice servant à la propulsion de l'aéronef se rétracte alors sur le toit). L'engin futuriste peut accueillir un autre passager.

Les autres projets prometteurs

La voiture volante de la start-up slovaque AeroMobil fait partie des engins volants les plus intéressants. Tout comme la Pal-V Liberty, l'AeroMobil 4.0 pourra se conduire aussi bien dans les airs que sur la terre ferme, à une vitesse maximale similaire, mais passe en mode "avion" plus rapidement, 3 minutes. Ce prototype ne sera pas le dernier de la compagnie.

L'industrie aéronautique n'est pas en reste :

  • Le constructeur aéronautique Boeing s'est associé à Porsche afin de s'emparer du futur marché de transport aérien premium
  • Airbus, avec son engin volant baptisé Vahana Alpha Two, souhaite également proposer un taxi volant de qualité

D'autres projets feront également parler d'eux dans les prochaines années, comme Skydrive (start-up japonaise associée à Toyota), Uber (associée à Hyundai), Lilium (avec sa voiture volant avec 12 rotors (hélices) et 36 moteurs électriques), Kitty Hawk (mené par un cofondateur de Google, Larry Page) avec son Flyer ou encore Vaylon (start-up française fondée en 2010) et son Pégase. Ces projets seront davantage basés sur la voiture électrique, l'engin autonome futuriste et le décollage vertical.

Si la voiture volante n'est pas prête d'arriver au coin de nos rues, notamment à cause de la législation, il n'est pas dit que nous voyons les premiers véhicules autonomes volants d'ici quelques années. D'ailleurs, dans certaines villes (Dubaï, Singapour), elles ont effectué un premier vol de tests. Et nul doute qu'il y en aura d'autres.